| Ecrit par SF,
le 15-09-2008 15:01
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Publié dans : Webzine, Culture |
Irrespektiv Kendell Geers, du 19 septembre au 4 janvier au Musée d'Art Contemporain
 Irrespektiv, cette appellation parodique de rétrospective évoque irrémédiablement ce gout pour la provocation qu’entretenait Kendell Geers au cours de sa vie d’artiste. Un gout qui transparait également dans le titre de certaine de ces œuvres qu’il nomme volontairement donnant Title Withheld (titre refuse ou titre retire) afin d’accentuer le parfum de scandale et de provocation planant sur ses oeuvres.
Le Musée d’Art Contemporain qui avait déjà accueilli certaines œuvres de l’artistes pour la Biennale d’art contemporain 2005, présentent cette fois ci plus de soixante œuvres réalisées par l’artiste sud africain ces quinze dernières années. Kendell Geers se dévoilent petit à petit dans ces œuvres, tout d’abord avec une subtile évocation de son origine hollandaise avec Self portrait de 1995 ou l’artiste se réapproprie une bouteille de bière fracassée, dont il ne reste que le goulot cassé et l’étiquette sur laquelle on peut lire « Heineken imported from holland » .  Sa création Title Withheld (Kendell Geers) s’intéresse à la date de naissance de l’artiste et à la temporalité de sa vie qu’il matérialise par une chaine surmonté de deux pendentifs portant les inscriptions « Title Withheld (Kendell Geers) », et « may 1968 ». Cette date n’évoque pas uniquement les révoltes étudiantes mais aussi la mort de Martin Luther King et de Marcel Duchamps. Kendell Geers n’utilise pas sa véritable date de naissance mais une date symbolique qui a eu un véritable impact sur sa vie. Certaines œuvres font référence à ses origines africaines et l’apartheid. Il expose par exemple un registre mortuaire officiel consignant le nom des victimes des émeutes de Soweto : les écoliers de Soweto manifestent contre l’obligation d’apprendre à l’école l’afrikaans la langue de la principale communauté blanche du pays relative à l'apartheid. La manifestation pacifiste tourne au drame avec l’intervention policière, bilan : 220 blessés et 23 mort dont Hector Pietersen un écolier âgé de 12 ans à peine. La violence et la révolte resteront d’ailleurs un thème récurent tout au long de sa carrière.
L’artiste s’intéresse à la violence implicite par le biais des frontières omniprésente dans ces œuvres : Akropolis Now, Les maisons des dieux et House of Spirits sous la forme de rubans de balisages rouge et blanc ou des fils de fer barbelés. Ces matériaux évoquent les limites et le sentiment d’anxiété, de danger suivant la position dans laquelle on se trouve fac à elle. Les signes propres à la police : matraques, gyrophares bleus et rouges,… sont exploités dans ses créations The Devil You Know, A rose by Any Other Name, …  Kendell Geers s’attache aussi à la révolte et l’activisme comme l’illustre son œuvre Monument to the Unknown Anarchist mettant en scene une voiture en train de bruler sur un socle parsemé de tessons de bouteille.
L’artiste s’approprient non seulement des objets dans ses œuvres mais aussi des mots qui se dressent sur les murs sous forment de néons éclatants : Temene, Manifest. Avec Terroréalismus, Kendell Geers emploie aussi des paires de mots se ressemblant par leur structure mais aussi par leur sens : "terror / error","border / order", "danger / anger". Il manipule avec engouement le mot « Fuck » de manière décorative dans une grande partie de ses créations : Jesusfuckingchrist, Typhonic Beast 2,Typhonic Beast 1, Postpopfuck. La typographie, la répétition, la taille des lettres et le support font obstacle à sa lecture et le métamorphose en « motif » esthétique. Le sens du mot ne sera perçu que par les spectateurs les plus observateurs.  4 à 8 euros Musée d'Art Contemporain Cité Internationale 81 quai Charles de Gaulle 69006 Lyon Tél : 04 72 69 17 17 www.moca-lyon.org/vdl/
Dernière mise à jour : 15-09-2008 16:11
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