| Ecrit par BC,
le 02-04-2008 07:28
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Publié dans : Webzine, Cinéma |

Ecrire sur un film deux semaines après sa sortie, c’est soit du déni, soit une forme de dandisme où le luxe absolu serait de prendre le temps, laisser l’œuvre murir en nous. Evidemment, il faut avoir un bon fruit, une œuvre consistante qui laisse une impression de flottement quand le mot fin s’inscrit sur la toile. On est loin du divertissement de « je suis une légende » de Will Smith qui le talonne au box office… Depuis combien de temps, une œuvre cinématographique n’a pas trusté le top du box office ? « Into the wild » est sorti, il y a deux semaines. Ce film de Sean Penn raconte une histoire vraie. Vous entendrez le héros, l’anti-héros pour certain, dire ces quelques mots dont la simplicité claque pourtant comme les plus grandes citations subversives : « l’important n’est pas le but, mais le voyage ». Ce film est un voyage. Ce voyage conte l’histoire d’un jeune diplômé, habité d’un idéal libertaire et romantique, cohabitant avec une colère sombre, née d’une découverte hasardeuse et briseuse d’illusions. Il s’appelle Christopher McCandless. Il a 22 ans. Son avenir est tout tracé, après de brillante étude, Christopher semble épouser le rêve américain. Il brise ses cartes bleues, brûle ses pièces d’identitées et quitte sa vie confortable… 
Ce sera l’autre rêve American, pas celui de la sucess story, pas celui des golden Boys, mais celui des beatniks, des Kerouac avec au coin des yeux la poésie vivifiante de Walt Whitman. Sur la route, Chris se trouvera un nom de conquérant « Supertramp » et laissera sa signature auprès de multiples rencontres. Habité de sa quête de verité, il cherche à se départir d’un "moi" qu’il porte comme un fardeau ; tel un alchimiste, il brûle ce plomb intérieur à la flamme du dénuement pour trouver l’or qu’il perçoit en lui. Toute forme d’absolu à besoin d’un écrin, un endroit pour vivre et s’évanouir : L’Alaska. Certains y verront une puérile quête adolescente, d’autres les esquisses d’un romantisme du XIXe ou l’idéalisme se confond avec l’absolu. La réalisation de Sean Penn , sans parti pris, loin d’un discours politique, nous plonge dans une œuvre contemplative, mêlant langueur et image panoramique. Emile Hirsch s’accapare ce personnage et lui donne vie jusqu’au dernier souffle de ce film dont la longueur ne se confond jamais avec ennui. Ajouté la bande-son du leader des Pearl Jam, Eddie Weber, et vous avez le film de la rentrée 2008. Le film qui propulse Sean Penn chez les grands réalisateurs. Sa nomination à la présidence du prochain festival de Cannes pouvait surprendre, mais à la sortie de ce film, elle ne faisait aucun doute…
Dernière mise à jour : 16-04-2008 09:43
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